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Allocution de Madame Leïla Ben Ali
Première Dame de Tunisie à l'ouverture des travaux du Forum sur
La femme arabe et l'espace mondialisé de la communication

(Tunis, le 25 mars 2008)

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Mesdames,

Messieurs,

Il m'est agréable de présider, avec la grâce de Dieu, à l'ouverture des travaux de ce Forum, La femme arabe et l'espace mondialisé de la communication, que nous avions proposé d'organiser à Tunis, lors de la troisième session du Conseil supérieur de l'Organisation de la femme arabe, tenue le 27 mai 2007 sur le sol des Emirats Arabes Unis frères.

Il me plaît, tout d'abord, de souhaiter la bienvenue à nos honorables invités et d'exprimer mes remerciements et ma considération à tous ceux qui ont pris part à l'organisation de ce Forum, et, tout particulièrement, à l'Organisation de la femme arabe et à l'Organisation arabe des technologies de la communication et de l'information. Mes remerciements vont, également, à toutes les parties qui ont apporté leur soutien à ce Forum dont nous avons voulu faire une tribune nouvelle d'une recherche portant sur l'un des problèmes essentiels qui concernent la femme arabe, dans un monde marqué par des mutations profondes et des développements rapides, dans les divers domaines.

Tout en remerciant Mme Waduda Badran, Directrice générale de l'Organisation de la femme arabe, pour ses mots aimables et ses nobles sentiments envers la Tunisie , son peuple et ses dirigeants, et en lui exprimant mes remerciements de m'avoir décerné le Blason de cette Organisation, je voudrais saisir cette occasion pour rendre hommage à l'Organisation de la femme arabe pour le rôle louable qu'elle assume dans la promotion de la condition féminine au sein de nos sociétés, et pour son souci constant d'oeuvrer en permanence à l'amélioration de la situation de la femme arabe, dans tous les domaines.

 

Mesdames,
Messieurs,

Les traits caractéristiques du monde résident, aujourd'hui, dans la rapidité de la propagation des technologies de la communication et de l'information, la multiplicité des formes de ces technologies et la diversité de leurs systèmes ainsi que dans la compétition dans laquelle se sont engagés les pays pour exploiter ces technologies sur la plus grande échelle possible, à l'heure où les distances se sont estompées et les frontières se sont effacées, donnant ainsi naissance à ce Village Global, où la communication entre les individus, les peuples et les cultures s'est considérablement renforcée et où de nouveaux horizons sans précédent dans les domaines du savoir, du travail et de la production se sont ouverts devant l'humanité.

De nos jours, la propagation des technologies numériques et le recours sans cesse croissant aux réseaux de communications terrestres et satellitaires, qu'ils soient fixes ou mobiles, constituent l'un des facteurs les plus déterminants qui ont permis au secteur de la communication et de l'information d'acquérir le statut de secteur stratégique de haute importance pour tous les pays.

Dès lors que nous nous préoccupons de faire en sorte que nos sociétés arabes soient en phase avec leur époque et prennent leur part de ce raz-de-marée technologique, il importe que nous investissions dans l'intelligence, construisions une société du savoir et misions sur le secteur de la communication et de l'information, en tant que secteur stratégique digne de bénéficier de la priorité dans nos préoccupations et nos objectifs nationaux et arabes. C'est qu'en matière de recours à l'Internet, notre taux est le plus bas, avec un maximum de 16,25%, alors qu'il est de 43% en Europe et de 71% en Amérique du Nord. Nous devons dès lors prendre soin davantage de la culture numérique au sein de nos sociétés, persévérer dans sa diffusion dans toutes les couches sociales et dans toutes les générations, en généraliser l'enseignement dans les écoles, les lycées et les facultés, tout autant que dans les divers espaces associatifs, tous secteurs confondus. Nous devons aussi instaurer des incitations au profit des individus, des administrations, des entreprises et des organisations, pour leur permettre de se connecter au réseau Internet, et encourager les investisseurs et les hommes d'affaires à recourir aux technologies de la communication et de l'information et à y investir, en vue de consacrer les notions de bonnes performances et de qualité de la production et d'inciter les entreprises économiques à s'intégrer dans le commerce électronique, afin d'acquérir l'aptitude à l'exportation et à la compétitivité et de conquérir des positions durables sur le marché mondial.

Nul doute que semblable choix est porteur de défis majeurs pour nos pays arabes; des défis qui résident notamment dans l'égalité des chances que nous offrirons à l'ensemble de nos citoyennes et de nos citoyens pour accéder aux technologies de la communication et de l'information, tout autant que dans la manière dont nous mobiliserons ces technologies au profit de nos sociétés. C'est que l'édification de la société de la communication et de l'information ne saurait être accomplie sur des bases solides en l'absence d'égalité en droits entre tous les individus et toutes les catégories sociales, hommes et femmes, et lorsqu'il n'existe pas, pour les jeunes gens et les jeunes filles, des chances égales pour gravir l'échelle de l'éducation, du savoir, de la culture, de la formation, de l'emploi et de la présence agissante dans la vie publique.

L'écart numérique flagrant qui existe, aujourd'hui, au sein de nos sociétés arabes, entre les deux sexes, nous impose le devoir de faire accéder la femme aux technologies de la communication et de l'information et de lui permettre de concevoir des produits numériques et de bâtir des données, d'autant que la femme n'est pas moins intelligente ni moins active que l'homme. Elle n'est pas, non plus, moins préparée ni moins douée en matière de créativité, pour contribuer, avec l'homme, à préserver l'équilibre et la stabilité de la société et à participer à son évolution et à son épanouissement.

Il importe que nous fassions preuve, en la matière, de lucidité et de vigilance continues dans l'exploitation des technologies de la communication et de l'information, et maîtrisions les diverses composantes et les réseaux de ces technologies afin de profiter au mieux de la richesse de leurs contenus, et de nous prémunir contre certains autres contenus qui nuisent à nos valeurs spirituelles et à nos spécificités sociales et culturelles.

Nous nous devons, en outre, de ne ménager aucun effort pour faire en sorte que l'espace mondialisé de la communication soit un vecteur de dialogue et d'entente, en même temps qu'un instrument efficace de la consécration des principes universels communs de liberté, d'équité, d'égalité et de tolérance, pour offrir à l'humanité entière des opportunités meilleures et plus larges de communication et de complémentarité, dans un contexte de coopération, de solidarité et de respect mutuel.

Mesdames,
Messieurs,

La Tunisie a pris conscience, très tôt, de l'importance des mutations technologiques profondes et rapides qui se sont produites dans le monde au cours des deux décennies écoulées. Aussi a-t-elle mis en place une stratégie cohérente en vue de promouvoir le secteur des technologies de la communication et de l'information et d'en accroître la contribution au développement socio-économique. Elle s'est, en outre, employée, dès les années 90, à inclure l'informatique dans les programmes d'enseignement scolaire, en tant que matière à part entière, tout en arrêtant un plan graduel pour équiper les établissements de l'enseignement, de la jeunesse et de la culture, en matériel informatique, et les connecter au réseau Internet. La Tunisie a également mis en place une commission nationale du commerce électronique, à l'effet d'inciter les entreprises économiques à recourir aux moyens évolués de communication, de publicité et de commercialisation. En outre, elle a instauré la formule de l'ordinateur familial, à travers la réduction de ses coûts, dans le but d'inciter les ménages à l'acquérir et à l'utiliser, comme elle a établi une stratégie pour la promotion des programmations, la création de sites web, la mise en place de systèmes de télé-emploi, la maintenance des outils informatiques et l'utilisation de l'archivage et de la cartographie numériques.

Nul doute que la réussite de notre pays, dans son entreprise visant à généraliser l'enseignement et à le rendre obligatoire et gratuit, a aidé à la réalisation de l'égalité totale entre jeunes gens et jeunes filles, dans tous les cycles de l'enseignement. Aujourd'hui, en efffet, le taux de scolarisation féminine en première année de l'enseignement de base est de 99%, tandis que le pourcentage d'étudiantes dans l'enseignement supérieur est de l'ordre de 59% du nombre total des étudiants.

La présence de la femme dans le secteur des technologies de la communication et de l'information a enregistré une évolution encourageante, le nombre des étudiantes inscrites dans les diverses branches technologiques ayant atteint la proportion de 45% de l'ensemble des étudiants, au cours de l'année universitaire en cours, 2007-2008. Quant au pourcentage de diplômées dans ces branches, il a été de l'ordre de 47% à la fin de l'année universitaire écoulée.

L'un des principaux indices de progression enregistrés, dans ce domaine, réside dans l'accroissement du nombre des enseignantes d'informatique au sein de l'université tunisienne, ce nombre constituant, aujourd'hui, 42% du total des enseignants avec, en outre, une évolution du nombre des employées spécialisées en la matière, qui est de 30% des effectifs dans le secteur public.

La Tunisie , qui s'emploie, en coopération avec les pays frères, à stimuler l'action arabe commune et à renforcer le processus de modernisation et de développement de nos sociétés, aussi bien dans la détermination des visions et la délimitation des objectifs que dans l'élaboration des programmes et des politiques proposés, tient à souligner, à cet égard, que la conjoncture mondiale nouvelle doit nous inciter à redoubler d'efforts pour promouvoir la condition de la femme arabe, rehausser sa place dans nos sociétés, et à aménager les conditions qui favorisent son insertion normale dans la vie active et la consolidation de sa présence dans l'espace mondialisé de la communication.

Nous nous devons, également, d'intensifier la coopération culturelle et économique entre femmes arabes, de recourir de manière accrue aux technologies nouvelles et évoluées pour développer cette coopération et en élargir les volets, confirmer l'aptitude de la femme arabe à exploiter au mieux l'espace de la communication, à y consolider son rôle au service de ses causes et des causes de la Nation , à instaurer un dialogue positif et équilibré avec les autres cultures, et redresser l'image de la société arabe aux yeux de l'opinion mondiale.  

 

Mesdames,

Messieurs,

Pour conclure, je tiens à réitérer mes vifs remerciements à tous ceux qui ont pris part à l'organisation de ce Forum et contribué à en enrichir les travaux, et à exprimer à nos honorables invités, les représentants des pays frères et amis, mes souhaits de séjour agréable parmi nous, en formant l'espoir de voir nos présentes assises déboucher sur des recommandations pratiques qui puissent aider la femme arabe à se hisser à la place qu'elle mérite dans l'espace mondialisé de la communication.

Merci de votre attention.