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Jeudi, 06 mars 2008
La priorité à l'emploi, une garantie de la paix sociale et du développement économique
La Tunisie a fait de l'emploi l'une de ses priorités en tant que valeur civilisationnelle et mécanisme idoine pour garantir la participation du citoyen à l'œuvre de développement, consolider les fondements d'une société équilibrée, réaliser la corrélation entre le social et l'économique et sociales et lutter contre toute formes d'exclusion et de marginalisation. Elle a pu ainsi, grâce aux politiques et programmes adoptés dans les divers domaines et secteurs, accélérer le rythme des créations d'emplois. A ce propos, le conseil ministériel, tenu, jeudi, sous la présidence du président Ben Ali, et consacré à l'examen des résultats des programmes décidés par le Chef de l'Etat pour pouvoir disposer les ressources humaines dans les différentes spécialités, nécessaires aux exigences du marché de l'emploi et des méga-projets d'investissements, reflète la capacité du pays à prendre conscience de la portée des mutations internationales en cours et de mobiliser toutes les potentialités pour réduire le chômage, dans le cadre d'une vision cohérente. Cette même stratégie qui se fonde sur la promotion de l'emploi avec pour composantes : l'accélération du rythme des créations d'emploi, la promotion des systèmes de formation professionnelle, l'amélioration de sa capacité à répondre aux besoins des entreprises. Il s'agit, également, de développer le système d'intégration grâce à l'instauration d'un réseau de programmes incitatifs à l'emploi des jeunes qui rencontrent des difficultés d'insertion à tous les niveaux. Le conseil a décidé, à cet effet, de poursuivre l'exécution de programmes de formation complémentaire. Objectifs : adapter les diplômés de l'université aux besoins spécifiques de l'économie, en organisant une formation certifiée conforme aux normes internationales, dans le cadre d'une coopération entre les établissements d'enseignement supérieur et le fonds national de l'emploi (FNE), associer les entreprises aux programmes de préparation des apprenants en vue de leur insertion directe dans la vie active et accélérer le rythme de la formation des formateurs, dans les différentes spécialités, l'ultime but étant d'être au fait des innovations dans les différents secteurs. C'est un nouveau jalon qui s'ajoute à la série de mesures qui a préparé la mise en place d'une politique de l'emploi prospectant l'avenir et anticipant les mutations internationales. L'employabilité, le défi à relever par le système de l'enseignement et de la formation Dans le cadre des efforts consentis par la Tunisie pour la promotion de l'investissement, l'accélération du rythme de développement et la réduction du chômage, surtout qu'elle est appelée à créer 1 million d'emplois environ au cours de la prochaine décennie pour l'exécution des projets mobilisant d'importants investissements extérieurs qui seront réalisés en Tunisie. Au nombre de ces projets, figurent le projet émirati ''Sama Dubai'', le Centre financier international et la Cité sportive. Dans cette optique, le pays oeuvre à consolider la formation des compétences pour répondre aux nouvelles exigences imposées par la réalisation de ces projets. Les efforts sont axés actuellement sur la qualité, et ce, en conformité avec les exigences de la nouvelle économie et le développement des spécialités à forte employabilité, notamment l'informatique, les communications et les multimédias dans le cadre de la profonde réforme du secteur de l'enseignement supérieur. C'est dans cet esprit qu'il a été procédé à la diversification des filières et des spécialités, sachant que le nombre des filières professionnelles s'élève, aujourd'hui, 583 dont 118 dans l'ingénierie, 135 maîtrises appliquées et 103 diplômes universitaires technologiques (DUT). Par ailleurs, l'Etat oeuvre à consacrer davantage la culture de l'entreprise dans les systèmes de formation de l'étudiant, à consolider les opportunités d'emploi et d'intégration dans la vie active des diplômés de l'enseignement supérieur grâce au renforcement des observatoires des universités. L'objectif étant de développer la prise de conscience de la réalité économique et des besoins des marchés de l'emploi, de proposer des systèmes de formation adaptés et de mettre au point un programme spécial pour encourager les entreprises à recruter les diplômés de l'enseignement supérieur avec une prise en charge par l'Etat de 50% des salaires payés et de 70% pour les étudiants confrontés à des difficultés particulières pour s'intégrer dans le marché de l'emploi. Les différents mécanismes de soutien au travail indépendant et à l'installation pour son propre compte appuient l'effort national pour la promotion de l'emploi, surtout que les interventions du Fonds d'insertion et d'adaptation professionnelle se poursuivent à travers le mécanisme d'aide à la création d'entreprises pour toucher environ 10 000 bénéficiaires sur un total de 16 000 prévus. L'accent sera mis sur l'accroissement du rendement et de l'efficacité du stage de préparation et d'adaptation à la création d'entreprises, entré en application effective en 2007. Ce mécanisme a profité à 354 promoteurs au cours des 8 derniers mois de l'année 2007. Ambitions nationales pour relever des défis internationaux. En dépit des efforts déployés aux fins d'accroître le rythme de création d'emplois, d'encadrer les divers demandeurs d'emplois et de porter un surcroît d'intérêt aux régions qui connaissent un taux de chômage assez élevé, ces ambitions demeurent difficiles à réaliser à la lumière des contraintes et des problématiques que le marché de l'emploi va connaître prochainement, en raison, notamment, de l'accroissement des demandes additionnelles. Ces demandes sont générées par les mutations démographiques de la société tunisienne et de l'évolution qualitative de la structure des demandes additionnelles, outre, l'ouverture de l'économie sur les marchés extérieurs, la recrudescence de la concurrence à l'intérieur et à l'extérieur et l'augmentation du nombre des diplômés sans emploi. Pour relever le défi de l'emploi, les autorités de tutelle ont pris les décisions requises pour booster le développement économique et la promotion des investissements, particulièrement, des investissements privés. Concrètement, la démarche à suivre consiste à orienter les investissements vers les créneaux porteurs et vers les nouveaux métiers de l'économie immatérielle et l'informatique, et ce, à travers l'utilisation des nouvelles technologies à haute valeur ajoutée compte tenu de leur forte capacité à créer des emplois et à inciter les entreprises à embaucher les diplômés sans emploi, le but étant d'améliorer leur taux d'encadrement, d'encourager le travail indépendant et la création d'entreprises. L'emploi et le développement des zones prioritairesPar ailleurs, des mesures ont été décidées en vue de créer des sources de revenus permanentes. Dans le cadre du souci du Président Ben Ali de promouvoir l'emploi dans les délégations prioritaires, une stratégie a été mise au point pour encadrer au mieux les jeunes demandeurs d'emploi. Selon des statistiques officielles, jusqu'à fin septembre 2007, quelque 22 609 demandeurs d'emplois originaires de 55 délégations prioritaires ont bénéficié de ce programme. Sur ce total, 2965 sont des diplômés du supérieur. Encouragés par le succès de ce programme, il a été décidé d'en faire profiter 21 autres délégations prioritaires. Pas moins de 7000 sans emploi vont en bénéficier dont 1708 diplômés du supérieur. Le nombre des bénéficiaires de la dernière phase de ce programme a atteint, fin septembre 2007, environ 5884 dont 1772 cadres. Les efforts déployés pour réduire l'équilibre régional ont permis d'obtenir des résultats remarquables puisque cinq gouvernorats prioritaires où le taux de chômage dépasse la moyenne nationale ont vu leur taux baisser de cinq points au cours du Xème plan de développement (2002-2006)à la faveur, notamment, des interventions du fonds national de l'emploi (21/21). Le FNE se charge de financer les activités qui permettent la mise à niveau des demandeurs d'emploi, la création d'opportunités de travail, notamment, en faveur des jeunes. Le FNE cible ces interventions dans les régions prioritaires auxquelles un tiers des fonds est consacré. Il cible également les catégories aux besoins spécifiques. Quelque 735 mille demandeurs d'emploi ont pu ainsi profiter des interventions du Fond national de l'emploi en 2006. Parmi les programmes spécifiques financés par le FNE, celui qui vise le renforcement de l'employabilité des diplômés du supérieur dans les secteurs innovants et en relation avec les technologies de l'information de la communication (TIC). Le FNE a, par ailleurs, contribué, depuis sa création, à la mise à niveau de 45 578 diplômés du supérieur dans les domaines des TIC et dans des domaines à fortes demandes sur le marché de l'emploi. Développer les mécanismes du suivi du marché de l'emploi.Le défi de réduire le chômage dans le pays reste, cependant, lié à la capacité de l'économie tunisienne à réaliser un taux de croissance supérieur à 6% annuellement au cours de la prochaine décennie et à renforcer l'emploi des diplômés du supérieur en orientant le modèle de développement vers les secteurs à haute valeur ajoutée et vers les activités à forte composante de savoir de manière à pouvoir relever le taux d'encadrement des entreprises économiques. De même l'effort à fournir pour relever le défi de l'accroissement des demandes additionnelles demeure tributaire de la modernisation des mécanismes d'observation et de suivi de ce marché au plan national et régional à travers la réalisation d'études sur les différentes catégories des demandeurs d'emploi et l'analyse de la dynamique de l'emploi dans divers domaines et régions, outre, le renforcement de l'encadrement professionnel des catégories aux besoins spécifiques conformément au programme initié par le chef de l'Etat pour embaucher les enfants des familles nécessiteuses ou encore le programme de mise à niveau et de réinsertion professionnelle en faveur de travailleurs licenciés et le programme d'intégration des personnes porteuses d'handicap. Le président de la République a insisté lors du conseil ministériel tenu jeudi sur les nouvelles qualifications et leur intégration dans les programmes de formation professionnelle, le but étant de satisfaire les exigences du marché de l'emploi et des méga projets d'investissement programmés pour la prochaine étape. |
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