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Dimanche, 02 mars 2008
Création d'une première unité de production de soie dans la région de TabarkaL'industrie de la soie tunisienne sort de sa chrysalide
La sériciculture tunisienne vient de renaître de ses cendres avec la création, à la région de Hwamdia (délégation de Tabarka), de la première unité de production de soie, matière tout aussi noble que solide longtemps utilisée pour habiller les notables de la société. Cette unité, lancée depuis novembre dernier, fait partie de tout un projet pilote tuniso-coréen de développement de la Sériciculture. Sa production sera orientée essentiellement vers le marché local et couvrira les besoins du secteur de l'artisanat en soie. Le marché tunisien s'approvisionnait jusqu'ici à l'étranger, grâce à l'importation d'environ 150 tonnes de soie par an, moyennant 10 millions de dinars, dont 25 pc sont commercialisés à l'intérieur du pays. A noter que la production de la soie est quasiment monopolisée par certains pays tels que la Chine. Pendant la colonisation, l'expérience tunisienne en matière de sériciculture s'est limitée à la production et l'exportation de chrysalides vers le marché français. Jusqu'au 18ème siècle, cette activité avait connu des jours meilleurs dans les régions de Testour et Mahdia avant de perdre le souffle pendant le 19ème siècle ce qui avait incité environ 4 mille tisseurs tunisiens à s'approvisionner en matière première auprès de l'Italie et de la Chine. Le secteur a longtemps souffert de manque d'artisans. Ses Produits, qu'ils soient Ajar (voile de tête), Sefsari, ou Takrita (Foulard), longtemps boudé par les consommateurs, sont de nouveau au parfum du jour notamment pendant la saison estivale avec des mariées cherchant à se parer de tenues en soie à l'instar du Houli ou du Hrem (tissu non cousu qui se porte en drapé). Par ailleurs, la ville de Mahdia, dont les traditions en la matière remontent à l'ère Fatimides, organise, tous les deux ans, un festival unique sur la culture de la soie. Ce festival qui s'est tenu du 17 au 19 mai 2007, a permis de faire connaître auprès des experts et des artisans tunisiens et étrangers plusieurs créations dans ce secteur. Le lancement du projet pilote de Hwamdia s'inscrit également dans le cadre de la consécration de nouvelles traditions en matière de production de la soie et la contribution à la diversification des activités agricoles au nord-ouest, outre la multiplication des offres d'emplois dans la région. Les coûts de ce projet s'élèvent à 1440 mille dinars, dont 522 mille dinars alloués par la Tunisie et 918 mille dinars par l'Agence sud-coréenne de coopération internationale. La Corée de sud s'est également chargée de la formation des responsables de ce projet. Ainsi, compte tenu de la voracité du ver à soie pour les feuilles de mûriers blancs, 11 hectares de cet arbre ont été plantés au profit de 10 bénéficiaires de ce projet, tandis que des pépinières forestières seront destinées à l'intensification de la culture des plants, étant donné que le ver vivant sur les feuilles de cet arbre produit la meilleure qualité de soie. Il y a lieu de rappeler que la vie de ver à soie passe par 5 étapes. Avant de filer son cocon pour se transformer ensuite en chrysalide, le ver à soie subit quatre mues. L'espace de temps compris entre ces mues successives est appelé âge. Le ver à soie passe donc par cinq âges successifs à commencer par la mise, en été, par les papillons de sexe féminin, de 300 à 400 œufs devenant au bout de 10 jours des vers. Ces vers commencent après 6 semaines à tisser leurs cocons de soie, dont la longueur des fils s'étend entre 300 et 900 mètres. Ainsi, le ver se transforme en chrysalides qui se transforme lui même, dans le cadre du processus naturel et au bout de 15 jours, en papillon. Cependant, dans le cadre de l'exploitation industrielle du ver à soie, seul un nombre limité de chrysalides est autorisé à suivre ce processus naturel afin de garantir la pérennité de l'espèce. La réalisation du projet pilote de Hwamdia a, en outre nécessité la mise en place de 5 installations équipées près des plantations de mûriers compte tenu de la durée de la croissance du ver et de l'étape du tissage de cocons qui dure entre 30 et 35 jours. Un laboratoire moderne d'élevage a été également équipé de manière à permettre de s'occuper des vers pendant les 1, 2 et 3ème étapes, avant de les remettre aux éleveurs pour poursuivre le travail dans le cadre des 4 et 5ème étapes. Le projet, piloté par le ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques, a pour objectif à moyen terme d'élargir la culture des mûriers pour couvrir une superficie de 200 hectares et la production entre 150 et 200 tonnes de cocons annuellement. Il est également question de céder l'unité de traitement des cocons à l'une des coopératives agricoles opérant dans la région ou à un sériciculteur privé.
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