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Samedi, 2 février 2008
Anthony Kavanagh au Théâtre Municipal de Tunis
02/02/2008-- Le Temps-- Eh oui et il en faudrait à forte dose du rire. Pas de celui qui vous laisse dubitatif. Ni celui qui va chercher dans des formules alambiquées. Juste ce pur cru qui coule de source et qui vous laisse, une heure et demie durant sans répit. Rire parce que l'artiste qui est sur scène, tourne ingénieusement votre petite vie avec ses petites manies, ses petits travers, tout ce qui fait votre quotidien, en dérision. Le stress de tous les jours, votre vie de couple, les hommes, les femmes, la télé avec ses niaiseries que vous ingurgitez sans modération, tout devient prétexte à vos esclaffements. Anthony Kavanagh plus talentueux, plus sexy et plus authentique sur scène que derrière l'écran était génial. Il reviendra. Il l'a promis. D'emblée, le public tunisien en reçoit plein la " geu... " avec en prime, le rire pour encaisser. La frime des tunisiens a été délicieusement passée à la moulinette grâce à l'observation futée d'Anthony Kavanagh qui déjà, dès l'aéroport remarque comment les tunisiens ne disent pas où est ma voiture ? Mais où est ma mercédès, traction, options... ? T'aurais pas vu ma bm rouge, jantes allu...machin, truc. Il semblerait aussi, que les conducteurs tunisiens ignorent, les clignotants et qu'ils conduisent en code morse, la main scotchée sur le klaxon. Super, son humour " trash " sur les pseudos soirées branchées, dites " fashion ", et nos snobinards et en vrac, tout un déluge de commentaires, bien trempés, bien de chez nous avec ce sympatique effort de claironner quelques mots en arabe. Le public de circonstance présent avait bien reçu le message. Premier stigmatisé. Premier à rire. Car c'est tout l'art et le pouvoir de l'humour. Cette capacité réflexive, qui agit comme un effet miroir qui vous laisse regarder, ce que d'ordinaire vous occultez. Rire de ses défauts. Rire de ses conneries, de ses tares, Rire de son mari, de sa femme, des ponts de son pays...rire de tout ce qui fait que nous sommes nous...n'est-ce pas là la meilleure preuve de notre ouverture d'esprit, de notre tolérance. Enfin, ne soyons pas pédants et restons légers. De cette inestimable légèreté de ton d'Anthony Kavanagh qui combine plusieurs facettes artistiques. Il chante, il danse, il a la réplique aussi pétillante que des bulles de champagne et parfois l'humour aussi puant que son sketch comparatif sur les hommes et les femmes dans les chiottes. Dégueu diriez-vous. En aucun cas, plutôt hilarant. Et rien à faire, les sempiternelles réflexions sur les parallèles féminin, masculin sont une source inépuisable de sobriquets de tout calibre. Mais Anthony, en séducteur invétéré ne tarit pas d'éloge sur les " perfections " dites féminines. Il avait beau commencer son show par tout ce qui a changé aujourd'hui, tout l'apport du progrès de la technologie, rien n'a changé dans les rapports entre les deux sexes, sauf qu'ils s'enlisent et s'enfoncent de plus en plus. Pire, la femme fait peur à l'homme. Pauvres choux, à croire qu'il faudrait en plus les consoler. Sa confession sur son besoin de paternité sonnait presque vraie. Serait-ce un rare moment de sincérité qui se serait immiscé dans son spectacle ? Ou sa manière de dire au public, comme il avoue le dire à sa femme après avoir fait l'amour, " tout le plaisir était pour moi " ? Peu importe. Une idylle est née ce soir là. Que c'est beau...l'hu -a - mour ! Faten AOUADI
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