Les Arts plastiques expriment l'identité culturelle et enrichissent l'imaginaire individuel et collectif. La Tunisie s'intéresse de près aux Arts plastiques, un créneau qui bénéficie de nombreux avantages et incitations, à l'instar du prix des arts plastiques décerné annuellement dans le cadre de la célébration de la journée nationale de la culture.
Par ailleurs, et pour promouvoir ce secteur, le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine achète des tableaux lors des expositions individuelles et collectives, et subventionne l'ouverture de galeries d'art et la tenue d'expositions ou de festivals des Arts plastiques, tels que celui du Mahres.
Il existe en Tunisie 60 galeries d'art privées et publiques dont la plupart sont implantées dans le grand Tunis, Nabeul, Sousse et Sfax.
Le ministère aide également les artistes à participer aux principales manifestations culturelles internationales.
Pour ce qui est de la formation académique, l'Institut Supérieur des Beaux-arts de Tunis (ISBAT), bénéficie, pour sa part, d'un intérêt particulier illustré par l'existence d'un mastère et d'un doctorat en la matière.
La Tunisie a connu les Arts plastiques, dans leur acception moderne, depuis la seconde moitié du 19ème siècle. Le début est marqué par la peinture sous verre de cheikh Ghariani et de ses compagnons dans la ville de Sfax.
Les premières expositions ont démarré en 1894, date de la tenue de la première exposition d'arts plastiques en Tunisie, avec la participation d'une pléiade d'artistes-peintres tunisiens dont Hédi khayachi, aux côtés d'un grand nombre d'artistes étrangers.
Au début du 20ème siècle, Cheikh Mohamed Abdou a lancé une Fatwa déclarant que la peinture n'était pas prohibée par l'Islam, ce qui a favorisé l'éclosion des écoles de beaux-arts dans les pays islamiques, la première étant celle du Caire qui fut créée en 1908 mais qui n'a ouvert officiellement ses portes qu'en 1918.
Par la suite fut créée l'école des Beaux-arts de Tunis en 1923, dont le siège était situé à la ''Dribat'' Ben Abdallah près de ''Tourbet el Bey''.
''L'Ecole de Tunis'' et le ''Salon tunisien'' ont contribué à l'essor du mouvement plastique en Tunisie, particulièrement après la deuxième guerre mondiale.
Parmi les pionniers de cette Ecole figurent Yahia Turki, Ammar Farhat, Abdelaziz Gorji, Ali Bellagha, Safia Farhat, Jalel Ben Abdallah, les frères Zoubeir et Hédi Turki et tant d'autres.
Plusieurs artistes plasticiens tunisiens dont Hatem El Mekki, Fethi Ben Zakour, Hassan Soufi, Mohamed Mtimet, Nja Mahdaoui, Abdelmajid El Bekri, Nejib Belkhodja ont réussi à créer des styles spécifiques, souvent inspirés de l'architecture de la médina ou des autres composantes du patrimoine (calligraphie, manuscrits, etc) sortant ainsi des sentiers battus de la peinture européenne et, ouvrant la voie à des expériences multiples où la créativité, l'imagination et la maitrise artistique augurent d'un avenir prometteur pour les Arts plastiques en Tunisie et dans le monde arabe.