Le Temps-- 03/01/2008-- Un intérêt particulier a été accordé ces dernières années au patrimoine national et à sa promotion à travers la modernisation et la réhabilitation de toutes ses composantes en vue d'assurer le développement du tourisme culturel.
Dans ce contexte, le ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine a mis au point un plan impliquant la conclusion d'une convention avec la Banque mondiale visant à renforcer la contribution du patrimoine national à la promotion du tourisme culturel et au développement de sa rentabilité économique.
En vertu de cette convention, une enveloppe commune de 33 millions de dinars a été consacrée au financement du ''projet de gestion et de valorisation du patrimoine culturel''.
Un système de formation a été réalisé au profit des intervenants dans les secteurs du tourisme et du patrimoine parmi les cadres et les agents.
Selon M. Ridha Kacem, directeur général de l'unité de ce projet, environ 600 bénéficiaires répartis sur 85 équipes de travail de différentes spécialités ont participé à des sessions de formation afin d'acquérir de nouvelles compétences dans les métiers du patrimoine.
Un système de communication et de marketing a été également mis en place pour faire connaître la Tunisie en tant que destination touristique et culturelle, outre l'incitation des jeunes à la découverte du patrimoine civilisationnel national à travers la création de sites spécialisés sur le réseau internet, la publication de brochures et de dépliants comportant des informations exhaustives sur les sites et les musées archéologiques de la Tunisie.
En concrétisation de cette démarche, l'on a enregistré l'avancement des travaux d'aménagement des sites archéologiques sélectionnés par la Banque mondiale pour servir de modèles adaptés aux normes internationales de la qualité, notamment en ce qui concerne la sécurité des visiteurs, le bitumage des circuits, l'installation de nouveaux panneaux de signalisation sur ces sites et la traduction des données y afférentes de la langue arabe vers les langues française et anglaise, outre l'installation d'espaces pédagogiques et l'organisation d'expositions d'animation à l'intérieur de ces sites.
Parmi les sites et les musées inscrits dans le projet de gestion et de valorisation du patrimoine culturel en tant que sites pilotes figurent le musée de Carthage, en cours de restauration et l'élaboration d'une étude relative aux citernes de Maalga, en tant que point de rayonnement.
Quant au projet de réaménagement du musée du Bardo, classé parmi les musées mondiaux, il porte notamment sur des travaux d'extension, de construction d'un espace d'accueil d'une capacité de 2000 visiteurs et l'installation d'un ascenseur électrique pour faciliter l'accès aux étages supérieurs du musée.
Par ailleurs, le nombre des pièces archéologiques exposées sera doublé pour atteindre 8 mille pièces, outre l'augmentation du nombre des tableaux de mosaïques qui seront exposés dans des stands spécifiques.
Le musée du Bardo comporte des collections rares et uniques de mosaïques, des sculptures et des statues qui témoignent de la richesse des civilisations qui se sont succédé en Tunisie et de leur intégration dans l'histoire du pays telles que les civilisations numide, phénicienne, punique, romaine, byzantine et islamique.
Parmi les tableaux racontant des légendes historiques figurent le tableau du héros grec ''Ulysse'', le tableau du dieu de la mer ''Neptune'' en plus d'autres tableaux représentant les activités intellectuelles et sportives de l'époque antique tels que le tableau représentant le poète latin ''Virgile''.
Dans le cadre du souci de sauvegarde des monuments historiques et des sites archéologiques, le musée des arts et des traditions populaires de Houmet-Souk (Djerba) a été, récemment, réaménagé particulièrement au niveau de l'ancien local de Zaouiet Sidi Zitouni, moyennant une somme estimée à environ 4 millions de dinars.
Cet espace comporte des bijoux traditionnels, des meubles, des gravures sur bois, des ustensiles en poterie, des livres de Coran et des manuscrits.
Le projet de gestion et de valorisation du patrimoine culturel a également englobé le musée archéologique de la ville de Sousse à travers la consécration de 5 millions de dinars pour le réaménagement et l'extension de cet espace et la mise en valeur des trésors archéologiques et du patrimoine dont il dispose.
Ce musée comporte notamment une collection précieuse de tableaux de mosaïques romaines et d'objets d'art illustrant l'essor culturel et économique de la ville d'Hadrumète et des villes avoisinantes telles que El Jem et Salakta.
Le projet a accordé aussi un intérêt particulier aux circuits au sein de la médina de Sousse afin d'y faciliter la visite.
La ville de Kairouan qui sera consacrée capitale de la culture islamique en 2009, connaît actuellement et dans le cadre du même projet la poursuite des travaux de création de parcours touristiques au sein de la médina et l'asphaltage des places et des rues, outre le renforcement de l'éclairage public et l'amélioration des facettes des maisons ainsi que la création de nouveaux circuits sur 2600 mètres.
Pour valoriser le patrimoine culturel de la capitale des Aghlabides, un centre d'information sur l'histoire et les monuments de la ville a été créé comportant des moyens de communication modernes permettant aux visiteurs de prendre connaissance des trésors archéologiques et du patrimoine de la ville de Kairouan.
Le projet de gestion et de valorisation du patrimoine culturel concerne également le parc archéologique d'Oudhna où quatre monuments principaux ont été restaurés, à savoir: ''le Capitole'', le plus grand temple de l'Africa Romana, ''l'amphithéâtre circulaire '', ''les thermes'' et ''les grandes villas''.