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Lundi, 1er octobre 2007
Avec l'aquaculture, le prix des poissons nobles ne sera plus salé
L'élevage des espèces aquatiques à des fins commerciales, plus connu sous les appellations aquaculture ou pisciculture, est, de plus en plus, retenu, en Tunisie, comme la solution idoine pour pallier la rareté des poissons nobles (loup, daurade, mérou...) et pour en dissuader l'importation, estime-t-on au département de l'aquaculture au Ministère de la l'Agriculture et des Ressources hydrauliques. Cette approche que la Tunisie a engagée de longue date est confortée par les projections futures de l'Organisation mondiale de l'agriculture et de l'alimentation (FAO). Celles-ci estiment que l'aquaculture prendrait la relève sur la pêche en mer pour atteindre, d'ici 2030, une proportion de 50 % de la production totale des produits de la pêche. Autres avantages de l'aquaculture : cette activité, au vu de la demande croissante en produits de mer de par le monde, constitue une précieuse niche pour créer des emplois et sédentariser les collectivités côtières et rurales. Selon les responsables de la direction de l'aquaculture, le développement de l'aquaculture est le fruit de la raréfaction, entre autres, des espèces benthiques, poissons de fond ou poissons à chair blanche (pageot, sparidés, loup, daurade, mérou, denté, crevettes, céphalopodes (seiche, poulpes). Ces espèces, victimes de la surexploitation et de la dégradation de l'écosystème, sont devenues de plus en plus rares sur les étals des poissonneries. Conséquence : la rareté de ces poissons nobles a fait grimper leur prix et quoique très prisés par les consommateurs tunisiens, ces derniers leur préfèrent, de plus en plus, le poisson bleu (sardines, maquereaux, thon) qui présente deux avantages : Il est de loin plus abordable de point de vue prix et recèle des qualités nutritives certaines perceptibles à travers son apport en oméga3, "de bonnes graisses" qui protègent contre les maladies cardio-vasculaires. Pour y remédier, les pouvoirs publics ont pris, depuis 1985, l'initiative de développer l'activité aquacole et d'exploiter à bon escient les sites favorables à l'aquaculture. Néanmoins, cette activité n'a pris, effectivement, son envol qu'en 1995. Un plan directeur a été élaboré. Des incitations ont été instituées en faveur des aquaculteurs et une base de données a été mise en place pour leur fournir les informations nécessaires sur le milieu marin, les espèces marines et les avantages. Depuis, l'élevage du loup et de la daurade s'est intensifié. En amont, une main d'œuvre a été formée et s'est spécialisée dans la pisciculture tandis qu'une demande des produits aquacoles commence à se manifester. La production aquacole, pratiquée en eau de mer (Hergla..) et en eau douce (barrages), s'est ainsi développée de 1300 tonnes en 1996 à 3000 tonnes en 2006, à savoir 1900 tonnes en eau marine et 1100 tonnes en eau douce. La pisciculture marine comporte 5 projets d'élevage dont deux dans des cages flottantes et trois élevages dans les bassins à terre. Quatre autres projets sont consacrés à l'engraissement du thon, poisson exporté principalement vers le Japon, outre 5 projets de conchyliculture (élevage de moules et huîtres). Pour ce qui est de l'élevage en eau douce (continentale), on énumère deux projets d'élevage de tilapia et l'exploitation de 39 retenues (plans d'eau) de barrages pour l'élevage de poissons d'eau douce (poisson-chat, carpe, anguille et cendre), exploitées actuellement par des pêcheurs locaux sur autorisation, l'objectif étant de favoriser l'exploitation de ces barrages par des privés selon la formule de concession pour toutes les étapes de production (écloseries, cages, exploitation des poissons). La production de mulet a quant à elle lieu selon le procédé d'empoissonnement (alevinage) des barrages en cette variété laquelle ne se reproduit naturellement que dans l'eau de mer. Concernant la qualité de ces produits et leur comestibilité, la responsable a affirmé que le suivi des points de vente est assuré par la direction générale des services vétérinaires, relevant du ministère de l'agriculture et des ressources hydrauliques, outre l'application des normes et directives européennes de commercialisation dans ce domaine, sachant que plusieurs de ces produits aquacoles sont exportés vers l'Europe. Toutefois, la production aquacole demeure en deçà des potentialités existantes et ne représente que 3 % de la production totale des produits de la pêche évaluée en 2006 à 110 mille tonnes. Les dernières décisions prises par le chef de l'Etat (27 décembre 2006) pour promouvoir la production halieutique et aquacole, en particulier, ont été d'un grand apport. Ces mesures se proposent d'accorder aux projets de l'aquaculture les avantages institués dans le code d'incitation aux investissements, d'exonérer les intrants des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée, de mettre à la charge de l'Etat 40 % du coût des études techniques des projets aquacoles, avec un plafond de 40 mille dinars et de promouvoir la station pilote de pisciculture de Boumhel en centre technique. Ce centre qui devrait effectivement entrer en exploitation en 2008 aura pour vocation d'assurer l'encadrement, la formation et le recyclage des promoteurs dans le secteur, de mettre à la disposition des professionnels du secteur les résultats des recherches les plus récentes dans le domaine de la maîtrise des nouvelles techniques d'élevage et d'espèces marines, l'objectif étant d'optimiser le rendement de la production aquacole. Des projets de partenariat seront également réalisés dans le cadre de ce centre, notamment avec la Corée (conchyliculture) et l'Iran (élevage de crevettes). Des négociations sont encours pour développer le partenariat dans ce domaine avec l'Egypte, la Norvège, la Chine et le Japon. Afin d'encourager l'investissement étranger dans les projets aquacoles, la loi en date de 1997 relative à l'exercice de la pêche autorise les partenaires étrangers à détenir jusqu'à 66 % du capital de la société. Une stratégie a par ailleurs été mise au point pour porter la production de la pisciculture à 10,5 mille tonnes, soit 10 % de la production halieutique, moyennant des investissements d'environ 51 millions de dinars. A cet effet l'on prévoit la réalisation de 27 nouveaux projets orientés essentiellement vers l'élevage en cages flottantes ou mer ouverte (technique moins coûteuse que celle des bassins à terre nécessitant un amener de l'eau de mer) et 7 sites d'aquaculture qui seront opérationnels à l'horizon 2016. La valeur des exportations des produits de l'aquaculture devrait passer à 25 millions de dinars contre 3 millions de dinars actuellement. Les exportations de thon engraissé se chiffrent quant à elles à 40,5MD. Il s'agit également de créer près de 500 emplois permanents supplémentaires. |
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