De nouvelles orientations doivent être adoptées en matière de planification urbaine en Tunisie, c'est ce qui ressort d'une intervention donnée lundi, à Tunis, dans le cadre d'une journée d'études célébrant la journée arabe et mondiale de l'Habitat.
Ces orientations doivent donner davantage d'importance à l'urbanisation intégrée en ne consacrant qu'une partie de l'espace aux extensions urbaines. Il s'agit d'intégrer dans ces extensions, des espaces de travail (30 %), des espaces communs et verts et des infrastructures ( 30 %)et de consacrer 40 % à l'habitat. Selon la direction de l'urbanisation du ministère de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire, la planification urbaine doit, également, donner la priorité aux nouvelles zones industrielles proposées par le ministère de l'industrie dans la révision des plans d'aménagement urbain.
La direction recommande, à ce propos, de programmer des quartiers d'habitation dans tous les nouveaux projets de développement économiques, tels que les pôles industriels ou touristiques afin de rapprocher le logement des centres de travail.
Mme Samira Khayach Belhaj, ministre de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire a estimé dans son allocution d'ouverture de la journée, qu'une importante partie des recommandations du programme des Nations-Unies pour les établissements humains, relatives à l'action pour l'égalité entre les sexes et la garantie d'une vie digne à toutes les catégories sociales notamment ceux à besoins spécifiques, a été réalisée en Tunisie grâce à ses choix stratégiques de développement.
Elle a, également, passé en revue les mesures adoptées lors du conseil ministériel qui a été consacré le 18 août 2006 au secteur de l'habitat et notamment l'élargissement des interventions du fonds de promotion du logement pour les salariés (FOPROLOS) à une troisième catégorie de salariés en l'occurrence ceux dont le revenu mensuel brut varie de 3 à 4,5 fois le SMIG.
Il s'agit, aussi, de la création d'un nouveau type de logement dont la superficie varie entre 95 et 100 m2, ce qui permet d'avoir une habitation composée de 3 chambres et d'un salon à même de répondre aux besoins de la famille tunisienne composée en moyenne selon le recensement de 2004, de 4,5 membres.
Il s'agit, en outre, d'accélérer le rythme d'aménagement des terrains consacrés au logement social et économique à El Fejja, El Meghira et Jaafar Raoued dans la zone du grand Tunis.
Par ailleurs, d'après le dernier recensement de la population, la croissance urbaine a stagné en Tunisie durant la décennie 1994-2004, ne dépassant pas 1,9 % contre 3,8 % durant la décennie précédente.
Elle a même enregistré une baisse dans les grandes villes telles que Tunis, Sousse et Sfax, se réduisant respectivement de 2,7 à 0,8 %, de 4,1 à 3,3 % et de 2,1 à 1,4 %. Il s'agit selon M.Mahmoud Gdoura, directeur de l'urbanisation, d'un nouveau phénomène qui doit être pris en considération dans la planification des villes et la révision des plans d'aménagement.
Il est dd, a-t-il dit, à la baisse de la croissance démographique et à une tendance à s'installer dans les petites villes et à la campagne, grâce à l'amélioration des conditions de vie dans ces zones outre l'apparition des prémisses d'une migration des grandes villes vers la campagne en raison de l'importance des plans de développement des régions rurales.