Les perspectives du développement de l'écotourisme en Tunisie ont fait l'objet d'un séminaire organisé, mardi, à Tunis, à l'initiative du ministère du Tourisme, de l'Agence foncière touristique et l'Office national du tourisme tunisien (ONTT).
L'écotourisme se définit comme étant un tourisme solitaire et équitable qui implique un respect pour l'environnement et pour les traditions locales, un partage équitable des revenus du tourisme et un accompagnement de micro-projets pour un développement durable.
M. Tijani Haddad, ministre du Tourisme a indiqué, à cette occasion, que l'association de l'écotourisme avec les impératifs du développement durable et de la conservation de la nature doit satisfaire à plusieurs critères, tels que la conservation de la biodiversité et de la diversité culturelle, à travers la protection des écosystèmes, l'encouragement du développement durable, en fournissant des emplois aux populations locales et autochtones et le partage des bénéfices socio-économiques avec les communautés locales, en obtenant leur accord et participation dans la gestion de l'activité.
Le ministre a, toutefois, dénoncé le comportement de certains promoteurs qui n'hésitent pas "à placer un h"tel au beau milieu d'un splendide paysage, au détriment de l'écosystème local", estimant que " certains opérateurs n'hésitent pas à utiliser les parcours en 4x4, les piscines et l'air conditionné plus que la faune et la flore."
L'Organisation mondiale du tourisme prévoit en 2020 un milliard et demi de touristes dans le monde. Le triplement des flux touristiques en l'espace d'une génération (1995-2020) aura des conséquences sur l'environnement s'il n'est pas encadré, a affirmé M.Haddad.
Ces flux ne doivent pas entraîner la destruction progressive et irrémédiable du cadre de vie, des paysages et des milieux qui font toute l'attractivité des destinations touristiques, a-t-il poursuivi. Le ministre appelé toutefois à ménager l'environnement et encourager le développement d'une offre peu nuisante, dont l'écotourisme est emblématique.
Le ministre a mis l'accent sur l'importance de protéger activement le patrimoine naturel et culturel, inclure les communautés locales et indigènes dans sa planification, son développement et son exploitation et proposer aux visiteurs une interprétation du patrimoine naturel et culturel, intervenant sur les spécificités de l'écotourisme, M. Norbert Trehoux, a indiqué que la notion d'écotourisme est apparue dans les années 70, et est largement adopté, aujourd'hui par certaines destinations touristiques ( l'Equateur, l'Australie, le Kenya...), qui ont été auparavant des destinations connues pour leur tourisme de masse.
A relever que le profil du client "écotouriste" se distingue par un nombre de critères: c'est un touriste qui a beaucoup voyagé, il a un pouvoir d'achat très élevé et c'est, aussi, un cybernaute qui compare les prix sur internet. Le développement de "l'esprit écotourisme" exige une étroite collaboration entre les tours opérateurs, les ONG, les scientifiques et les collectivités locales.