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Vendredi, 5 mai 2006
Dialogue "5+5"-Tourisme
Plaidoyer pour un tourisme euro-méditerranéen durable

Un tourisme euro-méditerranéen durable doit passer obligatoirement par trois critères : une meilleure qualité des services, une formation adéquate plus adaptée aux exigences de la demande et une conformité aux normes environnementales et écologiques, ont affirmé vendredi, après-midi, les ministres du Tourisme des pays participant au Dialogue "5+5" réunissant les cinq pays de l'Union du Maghreb Arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq européens (Espagne, Portugal, France, Italie et Malte).
Réunis, pour la première fois, à Hammamet, les ministres du tourisme du dialogue « 5+5 » se sont penchés sur les moyens de renforcer la coopération et la complémentarité de leurs produits touristiques et d'arrêter une stratégie commune garantissant la pérennité du secteur.
Les ministres ont été unanimes sur la nécessité de dégager une vision commune aux deux rives de la Méditerranée sur le secteur touristique et d'engager ensemble des projets concrets.
Le tourisme constitue pour les pays des rives Nord et Sud de la Méditerranée une industrie génératrice d'emplois et créatrice de richesses. Près de 600 millions de touristes se déplacent chaque année sur les deux rives de la Méditerranée.
A l'ouverture des travaux de cette réunion, M. Tijani Haddad, ministre du Tourisme, a souligné que la réunion d'aujourd'hui permettra de mettre en place les bases d'un partenariat efficient entre dix pour promouvoir le secteur touristique dans l'espace euro-méditerraneen.
Il s'agit, a-t-il dit, d'échanger les expertises, de coordonner les actions de commercialisation du produit touristique, d'élaborer de nouveaux mécanismes pour mobiliser l'investissement mixte et d'harmoniser les plans de promotion des destinations touristiques dans cette région.
M. Haddad a indiqué que la Tunisie, qui préside actuellement l'Organisation mondiale du Tourisme (OMT) n'épargnera aucun effort pour promouvoir toutes les initiatives visant à développer aussi bien le tourisme balnéaire que le tourisme
de santé, culturel, des affaires et des congrès dans la région.
Qualifiant les travaux du 5+5 comme ceux "d'un laboratoire d'expériences" pour identifier la voie de développer des stratégies euro-méditerranéennes communes, M. Adel Douiri,ministre marocain du Tourisme, a appelé à donner un élan fort au tourisme en Méditerranée, vecteur de rapprochement des civilisations et des cultures.
Il a proposé la création, dans le cadre de l'accord panarabe de coopération aérienne, d'un ciel ouvert entre les cinq pays de la rive sud et d'élargir, en deuxième phase, cet espace aux partenaires de la rive nord.
Autre appel lancé par le ministre marocain, la création d'un Fonds commun aux dix pays qui sera consacré exclusivement à des campagnes d'information et de sensibilisation au travers des médias et des événements culturels, l'objectif étant de faire connaître les cultures et les civilisations de la région ainsi que leurs points communs.
Evoquant les potentialités de la région M. Riamon Marting, secrétaire d'Etat espagnol au tourisme a fait remarquer que sur la scène du tourisme international, « l'Afrique est gagnante ». En 2003, elle a accueilli 30,5 millions de touristes contre 15 millions en 1990, ce qui donne une croissance moyenne soutenue de 6,3% par an.
Selon une étude de l'OMT, l'Afrique prévoit une croissance annuelle de 5,5% jusqu'en 2020, nettement supérieure à la croissance mondiale moyenne qui resterait de 4,1%.
Toujours selon cette étude, l'Afrique sera la destination choisie par 47 millions de touristes en 2010 et par 77,3 millions de touristes en 2020.
S'agissant de l'importance de la qualité dans les unités hôtelières, M. Giovani Batista, secrétaire d'Etat italien AU tourisme, a relevé la nécessité de fixer des normes régulatrices et garantir une formation efficace des ressources humaines.
Une vision partagée par M. Nourddine Moussa, ministre algérien du tourisme, qui a insisté sur ce créneau comme moyen d'inciter les touristes à choisir les destinations du sud de la Méditerranée pour leur villégiature.
M. Francis Zammit Dimech, ministre maltais du Tourisme, a indiqué que ce secteur devrait sauvegarder l'environnement naturel tout en assurant une croissance économique continue et durable visant à satisfaire équitablement les aspirations des générations actuelles et futures.
Toujours dans le même ordre d'idées, M. Alain Bodin, chef de Cabinet au ministère français du tourisme, a plaidé pour un tourisme « solidaire, durable et écologique».
De son coté, M. Artistide Viera, représentant du ministère du tourisme portugais a fait remarqué que dans un monde globalisé, la Méditerranée aura de plus en plus de concurrents. D'où la nécessité d'engager une vision de développement du secteur touristique en prévoyant la diversification des produits, le développement de l'infrastructure et des services de qualité ainsi que l'organisation de campagnes de marketing et de promotion ciblées.
Pour MM Ba Abderhmane et Ammar Mabrouk Letaeif, respectivement ministres mauritanien et libyen du tourisme, les deux pays maghrébins ont déjà adopté des politiques nationales pour la promotion de cette activité, mettant en exergue les potentialités dont regorgent la Libye et la Mauritanie ainsi que la richesse de leurs patrimoines touristiques et culturels qui offrent de nombreuses opportunités a exploiter.
Les deux ministres ont par ailleurs indiqué que le « dialogue 5+5 » est une occasion favorable à l'échange d'expertises, l'exploration de nouveaux créneaux et l'attraction des capitaux, faisant état de la disposition des deux pays de mettre à profit les expériences des pays de la région.
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