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Le Président de la République accorde une interview à l'Agence italienne Ansa
Aspiration de la Tunisie à promouvoir la coopération tuniso-italienne et à opter pour de nouvelles méthodes pour la dynamiser et l'enrichir

11/05/2004-- L'Agence italienne Ansa a diffusé, mardi, le texte de l'interview que lui a accordée le Président Zine El Abidine Ben Ali à l'occasion de sa visite en Italie.

Dans cette interview, le Chef de l'Etat a notamment souligné la volonté de la Tunisie de promouvoir sa coopération avec l'Italie et de concevoir de nouvelles méthodes pour la dynamiser et l'enrichir, en prenant appui sur l'importance de tout ce qui a été réalisé jusqu'à présent, ainsi que sur le riche passé et le courant culturel ininterrompu entre la Tunisie et l'Italie.

Le Président de la République a réaffirmé la ferme volonté de consolider les liens de communication, en vue de construire un espace méditerranéen solidaire, soulignant que la coopération tuniso-italienne en constitue une des assises fondamentales.

Question :
La prochaine visite de votre Excellence en Italie, témoigne de la solidité des relations entre la Tunisie et l'Italie. Quels sont donc les résultats que vous attendez de vos imminentes rencontres avec les responsables italiens ?

Réponse :
Le rythme d'évolution des relations entre la Tunisie et l'Italie incite à la satisfaction tout autant qu'à l'optimisme. Il suffit de relever le caractère privilégié de ces relations et de la place de premier plan que ce pays ami occupe dans la coopération avec la Tunisie, pour se rendre compte de l'authenticité et de la solidité des liens qui unissent nos deux pays.

Cependant, ces relations, nonobstant leur solidité, restent ouvertes à l'enrichissement et à l'amélioration continue, dans le sens des intérêts de nos deux peuples. C'est précisément ce à quoi nous aspirons à la faveur de notre rencontre renouvelée avec les responsables italiens. Nous avons, ainsi, l'espoir de réussir à enrichir les programmes de coopération existants et à concevoir de nouvelles méthodes pour les impulser davantage, de manière à satisfaire aux exigences du degré de développement atteint par la Tunisie, et à notre aspiration à la réalisation d'une mutation qualitative qui puisse illustrer la spécificité des liens qui nous unissent.

L'Italie fait partie du peloton de tête de nos partenaires dans les domaines de l'investissement, du commerce et des échanges culturels. Elle occupe le deuxième rang des investisseurs étrangers en Tunisie.

L'affluence grandissante des détenteurs de capitaux et des hommes d'affaires italiens en direction de l'investissement en Tunisie apporte la meilleure preuve que compte tenu de l'existence d'un climat politique positif entre nos deux pays, l'avenir de nos relations, dans tous les domaines, est appelé à connaître un bond qualitatif crucial.

Nous tenons à réaffirmer, quant à nous, notre aspiration à promouvoir la coopération tuniso-italienne et à opter pour de nouvelles méthodes pour la dynamiser et l'enrichir, en prenant appui sur l'importance de tout ce qui a été réalisé jusqu'à présent, ainsi que sur le riche passé et le courant culturel ininterrompu entre la Tunisie et l'Italie, qui trouve son illustration, notamment dans le secteur touristique, l'Italie occupant la troisième place des pays dont les ressortissants choisissent de passer leurs vacances en Tunisie.

Il existe une forte volonté de consolider les liens de communication, en vue de construire un espace méditerranéen solidaire dont nous pensons que la coopération tuniso-italienne constitue l'une des assises fondamentales. Nos rencontres avec nos amis italiens nous offriront l'occasion de réaffirmer cette option.

Question :
Que peut présenter l'Italie, au bénéfice de la Tunisie, dans le contexte de la nouvelle carte de l'Europe ?

Réponse :
La Tunisie, comme vous le savez, a été le premier pays de la rive Sud de la Méditerranée, a avoir signé un accord d'association avec l'Union européenne, le 3 juillet 1995 ; un accord qui se caractérise par sa globalité et ses finalités de réalisation de l'intégration économique et d'instauration d'une zone de libre échange.

Cette relation privilégiée est significative de l'interdépendance et de la conjonction des intérêts entre nos deux pays. Depuis le Changement du 7 novembre 1987, nous nous sommes employés à consolider ces relations et à les promouvoir, compte tenu de leur importance dans le cadre de l'intégration de notre économie dans le circuit de l'économie mondiale et de la garantie de son invulnérabilité et de sa compétitivité.

Nous considérons, pour notre part, que l'Europe, qui est notre premier partenaire économique, est investie d'une responsabilité particulière, celle d'aider notre pays à réaliser son intégration. Nous avons bon espoir que l'Union européenne -- qui s'élargit, aujourd'hui, à dix nouveaux Etats membres -- restera ouverte à ses partenaires traditionnels, parmi les pays du voisinage, y compris la Tunisie.

Etant convaincus que l'Italie est investie d'un rôle privilégié au sein de l'Union Européenne, nous nous préoccupons d'exploiter au mieux les relations excellentes qui existent entre nos deux pays, de telle sorte qu'elles constituent durablement, des piliers de la coopération et de l'interaction entre la Tunisie et l'ensemble de l'espace européen.

L'Italie a joué un rôle actif dans la réalisation de l'accord de partenariat entre la Tunisie et l'Union Européenne. Aussi comptons-nous sur son apport pour assurer la réussite des prochaines échéances de la coopération tuniso-européenne et euro-méditerranéenne, tout particulièrement à la lumière de la nouvelle politique de voisinage, afin de lui conférer davantage de vitalité et d'efficacité et de servir nos objectifs et intérêts communs, sur la base de notre attachement commun au principe du co-développement, en tant que fondement des relations entre pays du Nord et pays du Sud, et dans le sens de l'illustration de l'interdépendance entre les notions de sécurité, de paix et de développement.

Question :
Le Sommet arabe est imminent. Pouvons-nous savoir, Monsieur le Président, quels sont les points d'appui de l'approche tunisienne concernant la réforme de la conjoncture arabe et la promotion des mécanismes de l'action arabe commune, représentés par la Ligue des Etats Arabes, pour les rendre plus proches des aspirations des peuples arabes ,

Réponse :
La Tunisie, qui s'enorgueillit de son appartenance arabe, a toujours été et reste au premier rang, dans la présentation d'initiatives réalistes, qui sont en harmonie avec les attentes du citoyen arabe et répondent à ses aspirations.

Nous avons maintes fois appelé à l'adoption d'une stratégie cohérente et claire, qui puisse donner au groupe des Etats Arabes l'aptitude de s'insérer dans les processus qui focalisent l'attention mondiale, et en tout premier lieu, l'action d'édification de sociétés modernes, nanties de systèmes éducatifs et économiques adaptés au développement, et l'adoption de réformes politiques qui puissent faire avancer nos sociétés, au plan de la démocratie et dans tous les domaines.

C'est dans ce cadre que nous avons suggéré que le groupe des pays arabes prenne en charge, sur la base de sa volonté de réforme, l'élaboration d'une approche cohérente à ce sujet, qui serait adoptée par le Sommet Arabe et aux termes de laquelle ils s'engageraient à poursuivre la réforme intégrale dans tous les domaines politiques, sociaux, culturels et éducationnels, à consolider la démocratie et la liberté d'expression, à renforcer le rôle de la société civile, à protéger les droits de l'homme, et à renforcer le rôle de la femme arabe dans l'édification de la société.

Dans le projet que nous avons proposé, nous avons également insisté sur l'attachement aux valeurs de tolérance, le principe de dialogue des civilisations, le rejet absolu de l'extrémisme, du fanatisme, de la violence et du terrorisme, et l'attachement à barrer la route à ces phénomènes et à en éliminer les causes, dans le cadre de la solidarité et de la coopération internationales.

Nous pensons, pour notre part, que ces thèmes que nous avons proposés, renforceront l'auto-immunité indispensable à la réalisation du développement intégral, dans ses dimensions sociale, économique et politique et à la construction d'un ensemble régional évolué et agissant.

Pour répondre, maintenant, à la deuxième partie de votre question, je vous dirais que nous avons la conviction que les perspectives sont largement ouvertes devant le système régional arabe pour qu'il évolue en cadre effectivement apte à mobiliser toutes ses potentialités pour faire face aux défis auxquels il est confronté. Aussi avons-nous la conviction que la Ligue Arabe reste l'espace idoine qui reflète la volonté arabe commune, indépendamment des hauts et des bas qu'elle a eu à connaître. A condition, toutefois, de ne pas perdre de vue la nécessité de hâter son processus de réforme et de rénovation de ses méthodes et moyens d'action, et de promouvoir ses objectifs, de manière à susciter un changement qualitatif au bénéfice de l'ensemble de ses membres.

Notre pays avait présenté nombre d'initiatives en vue de la réalisation de la réforme souhaitée. Nous avons, entre autres, préconisé la création d'un mécanisme arabe de règlement et de prévention des conflits, ainsi que l'adoption du principe de périodicité des assises du Sommet. Notre pays a en outre appuyé le plan de réforme de la Ligue Arabe et de modernisation de ses structures.

Nous ne mettons pas en doute l'existence de la volonté politique de nos frères dirigeants arabes, de conférer un surcroît d'efficience et de crédibilité à l'action arabe commune.

Nous continuons d'avoir la conviction inébranlable que le volet économique reste la meilleure voie de passage et l'itinéraire le plus efficace pour l'édification d'un nouveau système régional interarabe, en même temps que le noyau solide engendrant son invulnérabilité. La Tunisie a adhéré avec sérieux et efficience au projet de création d'une zone panarabe de libre commerce, préalablement à l'avènement d'un marché commun arabe. Le monde est fait, aujourd'hui, de grands ensembles; et il est insensé que les Arabes restent en dehors des mécanismes qui gouvernent l'activité mondiale et permettent d'y être présent. Le regroupement économique arabe est notre itinéraire pour accéder à une position avancée, sur le chemin de la communauté d'intérêts, de positions et de destinée. L'Union Européenne nous offre, en l'occurrence, un exemple, en même temps qu'un modèle dont nous nous devons de nous inspirer.

Question :
Comment la Tunisie conçoit-elle le moyen le plus efficace pour combattre le terrorisme et en éradiquer les sources ?

Réponse :
La Tunisie qui a pris conscience très tôt, des dangers du phénomène du terrorisme, a appelé, dès la fin des années quatre vingt du siècle dernier, à la nécessité d'établir un système mondial pour y remédier et d'intensifier la coopération pour le prévenir et l'éradiquer.

Nous considérons, quant à nous, que ce qui est demandé, aujourd'hui, pour combattre le terrorisme, c'est de concevoir une approche qui permette de s'attaquer aux sources du phénomène du terrorisme et ne se limite pas à en effleurer les parties apparentes, ni à se contenter de solutions partielles. Il est dès lors indispensable d'adopter une approche globale et multi-dimensionnelle dans laquelle il n'y ait ni préséance ni préférence pour un volet au détriment des autres.

Ainsi, outre le démantèlement des bases et réseaux du terrorisme, il importe d'élaborer des politiques économiques et sociales qui puissent consacrer le principe du développement solidaire entre les Etats et les peuples, étant entendu que la solution militaire et sécuritaire à elle seule ne peut suffire, nombreux ayant été les échecs du recours à cette option dans la lutte contre le phénomène du terrorisme.

Dans ce cadre, nous considérons qu'il est nécessaire d'instaurer une alliance internationale pour la lutte contre la pauvreté et l'élimination de la marginalisation et l'exclusion sociales. Car la pauvreté est le terroir le plus favorable à l'éclosion de l'extrémisme et du terrorisme. Aussi importe-t-il d'œuvrer à combler le fossé qui ne cesse de s'élargir entre deux mondes dissemblables, celui du Nord et celui du Sud, et d'instaurer un nouveau système mondial fondé sur la justice et la solidarité et garantissant un niveau minimum de dignité et de décence dans les pays pauvres de l'hémisphère Sud. Le défi du terrorisme auquel le monde est aujourd'hui confronté, trouve dans la misère et le dénuement, autant de sources qui l'alimentent.

Nous autres Tunisiens, nous ne nous sommes pas contentés d'identifier le fléau et de mettre en garde contre ses dangers, mais avons également présenté des suggestions et des idées pour le combattre. C'est dans ce cadre que s'inscrit notre appel en faveur de la création d'un Fonds mondial de solidarité, un organisme, qui, de notre point de vue, constitue le prélude pratique de l'alliance préconisée, une alliance qui, comme le suggère le Fonds, regrouperait les Gouvernements, les Etats et les organisations non-gouvernementales, pour faire front uni contre la pauvreté, la maladie et les endémies, dès lors qu'il est inadmissible que la majeure partie de l'humanité reste sous l'emprise du sous-développement, de la faim et de la maladie.

Et si le terrorisme exploite le besoin des démunis pour leur faire croire qu'il détient les solutions idoines à leurs souffrances, il trouve, aussi, un appui dans les sentiments d'humilité et d'injustice, dès lors que la négligence des droits d'autrui et l'insouciance au regard de leurs souffrances, génèrent un sentiment de désillusion, de rancœur et de résignation, ainsi que la haine et l'animosité, surtout lorsqu'il s'agit des problèmes chroniques des Arabes et des musulmans, et tout particulièrement, du problème palestinien. Voilà pourquoi nous insistons sur le fait que l'élimination des causes et l'instauration de solutions justes pour les conflits existants permettraient de mettre fin au cycle de la haine sanglante et d'isoler ses tenants et partisans. Ceci nécessite également le règlement des problèmes internationaux en suspens, loin de toute notion des deux poids et deux mesures.

En outre, la négligence du volet culturel dans les relations entre les peuples a contribué à la propagation d'une rupture entre les différentes cultures, d'une manière qui empêche l'enracinement des valeurs de coexistence et de dialogue des cultures et des religions entre les nations et les peuples. C'est ce qui nous incite à œuvrer en vue de consacrer les valeurs de tolérance et d'entraide entre les individus, les groupes et les peuples, pour préparer un avenir meilleur pour l'humanité, loin de toute confrontation ou discorde.

Enfin, l'un des facteurs de réussite requis dans la lutte contre le terrorisme est que les Nations Unies doivent constituer le cadre d'accueil qui exprime la volonté internationale et la conscience vive universelle face aux courants du terrorisme, afin que la lutte prenne ses dimensions universelles globales, au-delà des dimensions égocentriques de telle partie ou de telle autre; dès lors que le terrorisme n'a pas d'identité et n'exclut personne.

Dans ce contexte, notre appel en faveur de la convocation d'une conférence internationale sous les auspices des Nations Unies, se fait, aujourd'hui, plus insistant, l'objectif étant d'instaurer un Code de conduite international pour la lutte contre le terrorisme, qui engagerait toutes les parties.

Question :
Quelle est la position de Votre Excellence vis-à-vis des développements du dossier irakien ?

Réponse :
L'éloignement des risques de tension et d'instabilité au Moyen Orient et dans le monde exige, de notre point de vue, que soit accéléré le règlement de la situation d'après-guerre en Irak, en instaurant les conditions de sécurité et de stabilité au profit du peuple irakien et en reconstruisant son pays, dans le cadre du respect total de sa souveraineté et de la préservation de son intégrité territoriale.

Question :
Est-il possible de stopper la dégradation de la situation dans le conflit israélo-palestinien et quelles sont, selon votre Excellence, les voies les plus sûres pour parvenir à la paix souhaitée ? Quel rôle les Etats-Unis d'Amérique et l'Organisation des Nations Unies peuvent-ils jouer pour que cet objectif soit atteint ?

Réponse :
Nous sommes convaincus, pour notre part, que le règlement de la situation dramatique qui prévaut dans les territoires palestiniens occupés et la cessation de la dangereuse escalade créée par la persistance de l'agression israélienne contre le peuple palestinien et ses dirigeants, sont subordonnés au rétablissement de ce peuple dans la plénitude de ses droit légitimes, y compris son droit à la création d'un Etat indépendant sur le sol de sa patrie.

Nous considérons que semblable situation exige des Nations Unies et des parties influentes, y compris l'Union Européenne, d'agir de manière rapide et cruciale en vue de garantir une protection internationale au peuple palestinien et d'aménager les conditions appropriées pour la reprise des négociations et l'application de la "feuille de route"; de manière à ouvrir la voie à la réalisation d'une paix juste, globale et durable pour l'ensemble des peuples de la région.

La Tunisie qui a appuyé le processus de paix depuis son démarrage, s'attache à continuer de contribuer, depuis la position qui est la sienne, à tous les efforts visant l'instauration de la paix et de la stabilité et l'aménagement d'un climat propice à la réalisation de la sécurité et du développement pour l'ensemble des peuples de la région.

Question :
Parmi les multiples réalisations accomplies depuis le début du Changement, dans les domaines économique, social et politique ans votre pays, quelles sont celles qui vous procurent le plus de satisfaction, qui vous sont les plus chères, et qui ont nécessité les plus gros efforts ?

Réponse :
Je pense que les réalisations accomplies par la Tunisie sont, aujourd'hui, fort bien connues, à la faveur des témoignages de nombreuses organisations et instances régionales et internationales. Etant convaincus que le Changement est une aspiration vers l'avenir, une adaptation aux nouvelles réalités et un travail quotidien ininterrompu qui revêt à chaque nouvelle étape, une nouvelle forme, je me contenterais de citer quelques chiffres qui ont été réalisés en Tunisie et qui rendent légitime notre ambition d'atteindre un niveau supérieur, compte tenu de réalités matérielles concrètes et non point de simples probabilités sans fondement.

Au cours de ces dernières années, nous avons réussi à accomplir un bond qualitatif en avant dans les domaines économique, social, culturel et politique, malgré les difficultés et les contraintes. Notre économie a acquis plus de force, d'invulnérabilité et de capacité d'ouverture sur son environnement mondial. Le taux de croissance s'est établi en moyenne à 5 % pendant une longue période; ce qui a facilité la création d'emplois et la régression du chômage dans notre pays. Ainsi, les créations d'emplois ont été au nombre de 322 mille au cours du IXe Plan (1997-2001).

Dans le même temps, le revenu par habitant a progressé, le taux de pauvreté est tombé à 4,2 % de la population et notre pays s'est classé au premier rang africain dans le domaine de la compétitivité. En outre, la Tunisie a été incluse dans la liste des quatre vingts pays les plus développés dans le monde, tandis que la classe moyenne s'élargissait pour englober plus des deux-tiers de la société, et que le taux de croissance démographique n'excédait guère 1,1 % . Quant à la moyenne d'espérance de vie à la naissance, elle s'établit à 73 ans. Ceci en plus d'un taux de scolarisation supérieur à 99 % pour les enfants âgés de six ans, filles et garçons.

Outre la sauvegarde de l'intégrité des équilibres majeurs, le taux d'inflation a été ramené à 2,7 %, tandis que le déficit du budget tombait à 2,4 % et que le service de la dette se réduisait à 15,6 % des recettes de l'exportation en 2001, contre 26,3 % en 1987. En outre, le rythme des exportations s'est accéléré pour atteindre le taux de 7 % par an.

Cette réussite économique s'est faite sans affecter le volet social, en ce sens que nous avons adopté une approche qui conjugue les dimensions économique et sociale, pour consacrer note conviction que le développement durable ne peut être qu'intégral. A cet égard, je voudrais souligner qu'en Tunisie, et tout au long des années qui ont suivi le Changement, les salariés ont bénéficié d'augmentations salariales, avec une régularité jamais vue auparavant dans le pays, et à une cadence rarement égalée ailleurs dans le monde.

En outre, le salaire minimum interprofessionnel garanti a été multiplié par deux, tandis que le salaire minimum agricole était majoré dans la proportion de 113 %. En outre, le pourcentage des assurés sociaux est passé à 86 % contre 54 % en 1987. Quant aux prestations fournies aux assurés et aux membres de leurs familles, elles ont représenté 30,8 % des transferts sociaux et 6 % du Produit Intérieur Brut.

Au plan politique, nous avons fait passer la Tunisie du stade de société de parti unique à celui de société pluraliste, tandis que le Parlement passait du stade monocolore à celui de parlement dans lequel l'opposition occupe 20 % des sièges et la femme 11,5 %. Dans le même temps, la démocratie locale s'est concrétisée au niveau des conseils municipaux, avec l'inclusion de l'opposition et des indépendants, tandis que la femme passait du stade de l'égalité au statut de partenaire au sein de la société, et que le tissu associatif et les institutions de la société civile se multipliaient et renforçaient leur rayonnement et leur présence.

Nous avons, également, consacré la liberté de la presse, la liberté d'expression et le droit à la communication, et ouvert la voie devant le secteur privé, dans ces domaines. Nous avons aussi fait triompher les droits de l'homme, dans leurs dimensions globales, et avons réhabilité les valeurs, principes et institutions de la République. Autant de réalisations qui trouvent leur éclatante illustration dans la stabilité et la sécurité dont jouit la Tunisie.

Cependant et tout en n'accordant aucune préséance à l'une quelconque de ces réalisations, qui ont toutes leur impact et leurs incidences positives sur le devenir des Tunisiens, notre réussite dans l'enracinement des valeurs de solidarité et d'entraide qui unissent toutes les couches de la société dans notre pays, à travers le Fonds de Solidarité Nationale, plus connu en Tunisie sous l'appellation de Fonds 26-26, reste l'acquis le plus cher à mon cœur, en même temps qu'une source de fierté pour moi-même; tant ce fonds nous a permis de soustraire plus d'un million et demi de Tunisiens à la marginalisation et au dénuement, et de les doter de moyens d'existence décents, en intégrant des zones entières dans le circuit de l'économie, après avoir brisé leur isolement et les avoir dotées des attributs du développement.

En outre, l'un des acquis qui me sont les plus chers, réside dans ce que nous avons accompli au bénéfice de la femme tunisienne; en ce sens que les droits de la femme dans notre pays ont connu une évolution qualitative, depuis le Changement, consacrant les principes d'égalité des chances et de partenariat entre l'homme et la femme, dans la vie privée et publique. Aujourd'hui, la femme tunisienne est un partenaire agissant dans le processus de développement et dont le rôle est indispensable dans l'édification du présent et de l'avenir de la Tunisie.

Nos ressources humaines sont notre richesse principale et notre instrument le plus efficace pour l'édification du progrès et la généralisation du bien-être, au bénéfice de tous les Tunisiens. Nous nous préoccupons de continuer à les protéger et à développer leurs aptitudes, pour contribuer à l'épanouissement de la Tunisie et à son progrès.

Voilà bien pourquoi le dossier qui a requis et continue de requérir les plus gros efforts reste celui de l'emploi que nous avons placé au premier rang de notre programme et de nos priorités nationales, s'agissant de préserver la dignité de l'individu et de garantir l'un des droits fondamentaux de l'être humain.

Tout en étant satisfaits des résultats enregistrés dans ce domaine, nous continuerons de mobiliser toutes nos politiques et tous nos programmes pour gagner le pari de l'emploi pour tous et assurer à nos jeunes des opportunités d'insertion dans les circuits du travail et de la production.

Question :
Pouvez-vous nous donner une idée des objectifs de la prochaine étape ?

Réponse :
Au cours de la première étape du Changement, nous nous sommes préoccupés de faire en sorte que la Tunisie retrouve sa bonne santé et de protéger le droit des citoyens tunisiens dans un environnement politique, économique, social et culturel sain; autrement dit de doter l'individu tunisien des attributs de la citoyenneté et d'une vie digne. L'étape à venir sera celle d'une nouvelle phase du Changement, avec des étapes plus larges en direction du progrès, qui reflèteront notre ambition d'accéder au mieux constant.

Nous abordons une nouvelle étape dans laquelle le processus démocratique sera renforcé, en même temps que s'ouvriront des horizons plus vastes devant la participation à la vie politique, pour les diverses composantes de la société civile, pour garantir l'évolution de l'édifice institutionnel et républicain en Tunisie et conforter les fondements de la démocratie dans le contexte d'un Etat de droit prenant appui sur une Constitution évoluée.

En outre, la prochaine étape sera celle de la promotion des attributs du développement intégral et des acquis de notre peuple, dans les différents domaines. Ce qui trouve son illustration dans le Xe Plan de développement (2002-2006) qui est déjà en cours d'application et qui représente une étape cruciale dans notre processus de développement, eu égard aux défis que nous aurons à lever durant l'étape à venir, à la lumière d'une conjoncture mondiale délicate.

Il importe de souligner, à cet égard, que la stimulation de l'investissement et de l'exportation, ainsi que la création de nouvelles entreprises continuent d'être un enjeu essentiel et une nécessité stratégique pour la réalisation de nos objectifs en matière d'emploi, domaine qui reste au premier rang de nos préoccupations et de nos priorités.

Nous avons la conviction d'être en mesure de relever les défis, en comptant sur la capacité d'action civilisationnelle créatrice des Tunisiens, sur l'entente et la stabilité qui caractérisent notre climat social et politique, et sur la solidité de notre économie qui l'habilite à s'adapter à tous les changements.

Il vous sera loisible de trouver de plus amples détails, concernant l'étape à venir en Tunisie et les implications des objectifs que nous avons définis, dans notre programme électoral qui sera annoncé en temps opportun.